La morsure
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La morsure

Publié le 11.04.2025 Laure

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La morsure en collectivité : un défi à accompagner

En structure d’accueil, la morsure est un sujet sensible : elle déclenche souvent des réactions fortes, et peut laisser les pros avec un sentiment d’impuissance. L’enjeu est d’apprendre à traverser ces situations et à les accompagner.

Ce geste est souvent difficile à tolérer car il peut :

  • donner une impression d’injustice
  • bousculer la “morale” des adultes
  • perturber la dynamique du groupe

Les causes

Immaturité émotionnelle et cérébrale

  • Les impulsions sont difficiles à contrôler à cet âge.
  • L’empathie est en construction.
  • Les morsures apparaissent parfois dans des conflits ou des émotions intenses.

Manque de langage

  • Quand l’enfant n’arrive pas à dire ce qu’il vit (frustration, colère, excitation), il passe par le corps.

Exploration sensorielle

  • La bouche est un outil d’exploration : la morsure peut répondre à un besoin sensoriel.

Facteurs contextuels

  • Fatigue, stress, changements de routine, environnement trop chargé… peuvent augmenter la fréquence.

Objectif : accompagner plutôt que punir.

Pour commencer : anticiper

La prévention passe souvent par une bonne observation et un cadre adapté.

  1. Observer les moments à risque

    • Repérer les situations répétitives : fatigue, conflits autour d’objets, transitions…
  2. Adapter l’environnement

    • Favoriser des petits groupes si possible.
    • Faire tourner certains jouets “très attractifs”.
    • Prévoir un coin de retrait / régulation.
  3. Questionner la posture adulte

    • Une attitude calme et posée aide à apaiser le climat (l’adulte sert de modèle).
  4. Donner de l’attention en dehors des crises

    • Offrir des temps positifs et individualisés peut réduire la recherche d’attention via des comportements difficiles.
  5. Dialoguer avec les parents

    • Normaliser le phénomène (développement) + expliquer l’approche + rester transparent sans culpabiliser.
  6. Intervenir en amont

    • Quand un conflit monte, désamorcer / proposer une alternative / rediriger l’attention.

Une fois la morsure faite

  1. Enseigner des alternatives

    • Proposer des phrases simples : “Stop”, “Je n’aime pas”, “Aide-moi”, “C’est à moi”, etc.
  2. Sécuriser et apaiser

    • Priorité à l’enfant mordu : soigner, consoler, sans dramatiser.
  3. Rester calme

    • Une posture stable aide à redescendre émotionnellement.
  4. Donner du sens et rappeler la règle

    • Mettre des mots sur l’émotion + rappeler “on ne fait pas mal” + éviter une logique gagnant/perdant.

Conclusion

La morsure peut faire partie du développement et demande patience, observation et ajustements. En anticipant, en modélisant des attitudes apaisées, et en soutenant le langage/les émotions, on peut transformer ces épisodes en opportunités d’apprentissage.

La morsure est un langage avant d’être une agression -- Boris Cyrulnik